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CAMPAGNE DE VACCINS A GUADALCANAL

de Jessica Delarue (Photos: J. Delarue)

 

Depuis le mois de novembre une équipe constituée d'un chauffeur, de deux infirmières parcourent la côte est et ouest de Guadalcanal autour d'Honiara pour vacciner les enfants de 9 mois à 5 ans, jusqu'à la fin décembre. Cette campagne a été organisée par la Province de Guadalcanal pour promouvoir les vaccins dans les villages. La dernière campagne a eu lieu en 2001. Il y a plusieurs cliniques dans la Province de Guadalcanal qui se situent souvent dans des coins isolés pour essayer d'être au plus près des villages. Malheureusement certains villages sont encore très éloignés d'une clinique.

Une clinique est une petite maison avec une ou plusieurs pièces très simple et muni du minimum. Un infirmier ou une infirmière s'en occupe et est habilité à faire différents soins tel que les points de suture, accouchements, prescriptions d'antibiotiques et de médicaments contre la malaria etc. En dehors de cette campagne les vaccins sont donnés par ces cliniques.

fruit cacao
Fruit cacao

Nous avions rendez-vous le 17 décembre devant le Ministère de la Santé pour partir à la découverte d'une petite partie de Guadalcanal, Konga. Nous avons été accueilli par David, le chauffeur, Aimee, l'infirmière et Soram le responsable des infirmiers de la Province de Guadalcanal. Nous faisons connaissance dans la voiture jusqu'à notre arrivée au dépôt de médicaments où ils doivent aller prendre les vaccins. Les fioles se trouvent dans un frigo et il est très important de ne pas briser la chaîne du froid. Les vaccins contre la poliomyélite, la tuberculose, l'hépatite B, la diphtérie, le tétanos et la coqueluche sont donc transportés dans un réfrigérateur à gaz. Nous partons en direction de l'aéroport pour aller dans une clinique qui se situe dans le « bush » à environ une heure de route de la ville. Nous sommes étonnés par le bon état des routes et l'on nous apprend que RAMSI (Regional Assistance Mission to Solomon Island) les a améliorées. Nous quittons la route principale pour entrer dans les terres. Nous traversons des plantations de cacao et le chauffeur s'arrête pour nous faire goûter le fruit qui n'a absolument pas le goût de chocolat mais plutôt de sugus... Nous sommes partis depuis une bonne demi-heure et nous devrions arriver bientôt. Nous croisons, entre autre, deux jeunes filles qui portent chacune un sac rempli probablement de taro ou de cassava qui sont des racines. Le chauffeur s'arrête à leur hauteur et leur demande où elles vont. Leur réponse est "closap" qui signifie proche en pidgin (broken english) alors le chauffeur estime qu'il n'est pas nécessaire de les véhiculer jusqu'à leur village étant donné qu'il est "proche". Je me demande encore quelle est la distance qu'elles ont parcourue après notre départ, étais-ce vraiment proche ?

Devant la clinique plusieurs femmes sont là avec leurs enfants et attendent la consultation. Ils installent une bombonne de gaz amenée d'Honiara pour faire fonctionner le frigo pour conserver les vaccins et autres médicaments.

Attente de la consulation Aimee et John
Attente de la consulation Aimee et John

L'infirmier qui est responsable de cette clinique s'appelle John et travaille volontairement. Durant cette journée Aimee et John vont faire un bilan de santé général de chaque enfant et les vacciner. Si l'enfant a un problème de santé et qu'ils n'ont pas les moyens de le soigner, alors il devra se rendre à l'hôpital d'Honiara. Certains villages ont pu acheter un truck grâce à un petit commerce et amèneront les gens en ville pour aller à l'hôpital ou pour d'autres raisons. Pour les autres villages qui n'ont pas de véhicule, ils devront organiser un transport, ce qui sera plus compliqué. Nous avons rencontré un homme, gardien d'une clinique et d'une école pendant les grandes vacances, qui nous a montré son village depuis le haut de la colline. Il nous a aussi expliqué que les villageois récoltent de l'or de la rivière et la vendent à un américain. Les femmes vont au marché d'Honiara pour vendre des fruits et des légumes. Généralement, les villages sont à proximité d'une école et d'une clinique, donc ils ont besoin d'aller en ville pour gagner de l'argent pour payer l'école et pour aller à l'hôpital.

La rout mauvaise
La route

Nous décidons de les quitter pour suivre Soram qui va visiter une autre clinique pour faire un inventaire de ce qui manque. Nous rentrons encore plus dans les terres et cette fois la route est très mauvaise et parfois inexistante ce qui nous oblige à traverser une rivière. Cette clinique est plus grande que la précédente mais dans un sale état. L'infirmier est en vacances et quelques modifications seraient nécessaires. Après une demi-heure, nous reprenons le chemin du retour.

Durant les tensions, cette région était trop dangereuse pour que des infirmiers viennent y travailler. Après les tensions, elle l'est restée mais moins et depuis l'intervention de RAMSI le calme est revenu. Maintenant, ils construisent d'autres cliniques pour que tous puissent avoir accès aux soins médicaux de base.

Honiara, le 30 décembre 2003
Jessica Delarue, Genève

© décembre 2003 Jessica Delarue

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